iOffer : du succès au fiasco

iOffer : du succès au fiasco

iOffer est un site chinois que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et pour cause. Lancée en 2002 par Steven Nerayoff, cette place de marché proposait un gigantesque catalogue composé de près de 100 millions de produits – et même « n’importe quoi » selon le slogan de l’époque – à des tarifs défiant toute concurrence. La recette de son succès ? Les acheteurs pouvaient directement négocier le prix d’un article auprès des vendeurs. Un système novateur, mais qui a malheureusement échoué. Découvrez pourquoi.

Une place de marché trop libre

À la base, iOffer était plutôt une bonne idée. Quoi de mieux que de négocier le prix d’un article coup de cœur directement à la source ? La plateforme se voulait une place de marché libre prônant le principe de négociation, ce qui la démarquait de ses concurrents qui privilégiait plutôt des enchères en ligne. À son summum, c’est-à-dire en 2008, iOffer pouvait se targuer de rassembler un million d’utilisateurs – dont 75 000 vendeurs.

iOffer : comment ça marchait ?

iOffer était une place de marché B2B qui mettait en relation les vendeurs et les acheteurs. Les produits mis en vente étaient divers : vêtements, bijoux, montres, appareils électroniques, jeux vidéo, logiciels, livres, DVD, jouets, parfums, sacs, médicaments, poteries, articles de sport, etc. Bref, il y en avait pour tous les goûts ! Quand un article éveillait l’attention d’un consommateur, il pouvait contacter le marchand pour : soit l’acheter selon le prix indiqué, soit négocier et lui faire une offre. Le vendeur était libre d’accepter ou de rejeter sa proposition, voire de revoir à la baisse le coût de l’objet convoité.

La commande était finalement actée lorsque l’un et l’autre s’accordaient sur un montant. Notez qu’iOffer n’intervenait à aucun moment de la transaction. Même le paiement se déroulait directement entre les deux parties. Le vendeur versait toutefois au site une commission représentant 5 % du prix de l’article. Il pouvait également souscrire à des services allant de 3 à 19, 95 $ pour que son produit soit mis plus en avant. Tout semblait donc idyllique, n’est-ce pas ? iOffer a toutefois vu sa réputation s’effriter au fil du temps, cédant la place à d’autres plateformes comme eBay, Joom et surtout AliExpress. Le site est d’ailleurs fermé depuis 2019.

Les raisons de la chute

Quelle est la faille qui a fait de cette idée géniale un échec cuisant ? Il faut se souvenir qu’iOffer n’était pas une boutique en ligne – même si un particulier pouvait y ouvrir un magasin virtuel – mais une place de marché. Le rôle du site se limitait à la mise en relation entre le vendeur et l’acheteur. Il n’était donc pas en mesure de garantir l’authenticité des produits, ni l’intégrité des commerçants – et c’est là que les ennuis ont commencé.

En effet, de nombreux acheteurs se sont plaints d’avoir été victimes de contrefaçons. Bien sûr, il est clair que des prix aussi dérisoires pour un sac ou des lunettes griffés peuvent éveiller la suspicion. Il n’empêche que la déception des consommateurs n’était pas contrefaite. Des cas d’arnaques ont aussi été observés, si bien qu’iOffer a acquis le sobriquet de « marchand de tapis » sur Internet. Également, les délais de livraison traînaient parfois en longueur et certaines commandes étaient égarées pendant la livraison. Une demande de remboursement représentait aussi un parcours du combattant, car le site pouvait prendre plusieurs semaines, et même des mois avant d’y donner une suite favorable.

Les réclamations se sont multipliées sans qu’aucune mesure préventive ne soit prise par iOffer. La ligne de conduite était d’ailleurs claire : la place de marché ne participait ni à la transaction ni à l’acheminement des produits, et ne pouvait encore moins confirmer leur qualité. En d’autres termes, les ventes n’étaient pas réglementées et iOffer se désolidarisait de toute responsabilité en cas de litige. Les opérations entre vendeurs et acheteurs ne s’appuyaient que sur la confiance, ce qui a permis aux escrocs de proliférer… et de prospérer sur la plateforme.

Face à toutes ces anomalies, les utilisateurs ont progressivement cessé de fréquenter iOffer. Le coup de grâce a finalement été donné par l’IACC (International Anti-Counterfeiting Coalition). Cet organisme de lutte contre la contrefaçon a réussi à faire bloquer les moyens de paiement sur le site avec l’aide de ses partenaires comme Mastercard et Amazon Pay. Les transactions étant suspendues, iOffer a dû fermer temporairement entre le 25 février et le 4 mars 2019, avant de mettre la clé sous la porte en décembre 2019. Alors iOffer était-il un site légal ? Oui. Était-ce une arnaque ? Oui et non. En réalité, il n’était pas fiable, en raison de la malhonnêteté de certains utilisateurs.

AliExpress, l’alternative à iOffer

Le clap de fin d’une entreprise ne signifie pas forcément celui de son concept. Comme évoqué précédemment, l’idée de base d’iOffer était d’initier ses utilisateurs à l’art de la négociation. Rien de mal à cela, au contraire ! De ce fait, de nombreuses places de marché ont su se frayer un chemin au point de devenir aujourd’hui de véritables mastodontes du Web comme AliExpress.

AliExpress était le principal concurrent d’iOffer. La fermeture de ce dernier a donc orienté ses nombreux utilisateurs vers cette plateforme chinoise qui a fait de la satisfaction clientèle son credo. Son catalogue est aussi fourni que celui de son ancien rival et les prix encore plus compétitifs. Vous trouverez de tout chez AliExpress : vêtements, smartphones, ordinateurs, produits de beauté, jouets, meubles, voitures… Il est toutefois interdit d’y vendre des armes, des logiciels et des e-books.

Vous vous demandez certainement si les tarifs de rêve affichés sur le site ne sont pas de la poudre aux yeux comme pour iOffer. Eh bien non. Le coût des articles est plus attractif que sur d’autres plateformes comme Amazon – par exemple -, car la plupart des vendeurs se fournissent directement auprès des fabricants chinois. Autre avantage, cela permet à leurs clients de bénéficier de frais de livraison moins lourds – et même gratuits !

Enfin, AliExpress est un site fiable. Il a mis en place un programme de protection des acheteurs qui comprend une garantie de remboursement si la commande n’arrive jamais à bon port, ou au cas où l’article n’est pas conforme à sa description sur la fiche produit. Outre AliExpress, on peut citer d’autres plateformes chinoises qui valent le détour pour faire de bonnes affaires telles que :

  • Vova ;
  • Joom ;
  • Tomtop ;
  • Alibaba ;
  • JRDesign (un site français créé… en Chine !) ;
  • Wish ;
  • Banggood ;
  • DHGate.

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