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Historiquement, l’artisanat a toujours joué un rôle de premier plan dans l’économie de la sous-traitance industrielle : le secteur a été pionnier dans le développement du travail à façon, aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis dans les industries dites “de métiers,” comme la forge, la fonderie ou la mécanique générale, aux XIXe et début du XXe siècles. Ces métiers sont d’ailleurs empreints d’une tradition compagnonnique, toujours vivante dans le travail des métaux. Ce rôle de l’artisanat dans l’économie de la sous-traitance industrielle demeure essentiel aujourd’hui : près de 80 % des entreprises de sous-traitance sont artisanales. Environ 26 000 sont actives dans la vingtaine d’activités qui constituent le coeur de la sous-traitance industrielle.

Elles emploient 130 000 actifs et réalisent un chiffre d’affaires de 13,4 milliards d’euros. Une étude menée en 2012 par l’Institut Supérieur des Métiers avait révélé des entreprises fortement intégrées dans les filières industrielles, majoritairement positionnées sur des savoirfaire de spécialité. Ce tableau de bord permet d’en suivre les évolutions pour ce qui concerne la démographie, la répartition territoriale des activités, l’emploi et les performances économiques.

Le panorama dressé montre la persistance des savoir-faire territoriaux et des bassins de compétences développés par ces entreprises, mais révèle également leur fragilité économique : • L’emploi salarié, tendanciellement en baisse depuis 2000 (- 13 %), a subi un coup sévère suite à la crise amorcée en 2008 (8 700 emplois salariés perdus, soit près de 10 %). • Si la création d’activités reste dynamique, il s’agit principalement d’unités sans salarié. Un enjeu est donc d’aider ces nouvelles entreprises à grandir. • Certains bassins entrepreneuriaux historiques de la sous-traitance industrielle sont en fort recul entre 2003 et 2013: en Haute-Savoie, l’artisanat du décolletage a, par exemple, perdu 40 % de ses emplois salariés depuis 2000. Cette situation économique tendue est confirmée par une enquête flash menée en partenariat avec quelques Chambres de métiers et de l’artisanat pour sonder les pratiques et besoins de financement de ces entreprises (données qui alimentent le “dossier” de ce tableau de bord) : “L’année 2013 a été difficile : un tiers des entreprises artisanales de sous-traitance industrielle ont subi une baisse de leur activité. Plus inquiétant, le phénomène d’érosion des marges, déjà constaté lors de l’enquête précédente, prend de l’ampleur: 41 % des entreprises font le constat d’une dégradation de leurs marges, un taux supérieur de 9 points à celui de l’ensemble des entreprises artisanales. Deux phénomènes sont pointés : une pression sur les prix de la part des clients/donneurs d’ordre et l’augmentation des coûts de production. En conséquence, la situation des entreprises est plus dégradée que dans l’artisanat : 37 % des entreprises sont dans une situation financière préoccupante ou très préoccupante (contre 28 %).

La trésorerie est particulièrement tendue : 38 % des entreprises font état de difficultés (le taux est de 21 % pour l’artisanat dans son ensemble). Ce problème, déjà pointé dans l’étude menée en 2012, est lié en grande partie aux retards de paiement des clients/donneurs d’ordre : 36 % des entreprises sont ainsi régulièrement payées avec retard par leurs clients/donneurs d’ordre.

L’enquête confirme enfin les besoins élevés de financement de ces entreprises, notamment en matière d’investissements. Le recours aux prêts bancaires est deux fois plus fréquent que dans les autres secteurs de l’artisanat (44 % des entreprises ont sollicité un prêt bancaire durant les douze derniers mois, contre 19 % dans l’ensemble de l’artisanat).

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Ces entreprises ont également, dans leur ensemble, beaucoup plus diversifié leurs sources de financement. La fonte des réserves financières va en outre obérer leur capacité d’emprunt et de financement des investissements (n’oublions pas que la visibilité des carnets de commande dans ces activités est en effet souvent inférieure à un mois). La dégradation des marges peut accélérer le processus de déstabilisation de ces entreprises. Face à la fragilité des trésoreries, trois leviers sont à mobiliser. Les premiers sont financiers : l’accès aux crédits de trésorerie doit être facilité et les besoins de recapitalisation de certaines entreprises solutionnés. Un autre axe d’intervention essentiel concerne l’amélioration des relations avec les donneurs d’ordre et le meilleur respect, par ces derniers, des délais de paiement.

Le tissu d’entreprises artisanales et son évolution

Un nombre d’entreprises stable depuis 2003

En 2013, 25 913 entreprises artisanales sont actives dans les activités de sous-traitance industrielle, soit 81 % des 32 066 entreprises immatriculées dans ce champ (2). Les autres PME (en général de plus de 20 salariés) sont quant à elles au nombre de 6 153. Le tissu d’entreprises artisanales est stable en nombre ces 10 dernières années (+1 %), si l’on excepte une baisse en 2009 consécutive à la crise de 2008. Le nombre de PME (hors artisanat) est quant à lui en forte baisse (- 16 %) sur la période. Cette évolution est semblable à celle des activités artisanales de fabrication.

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Des créations d’entreprises en hausse depuis 2007

La stabilité du tissu d’entreprises est due en bonne partie à la hausse des immatriculations. La création d’entreprise a en effet fortement augmenté depuis 2009, passant d’un flux de 1 800 immatriculations environ en 2007 à plus de 2 600 en 2013 (soit une croissance de plus de 40 % des installations). Cette hausse est cependant à relativiser, dans la mesure où elle est liée en grande partie à la mise en place du régime de l’auto-entrepreneur : en effet, près de la moitié des nouvelles immatriculations se sont opérées sous ce régime entre 2009 et 2012.

Évolution des immatriculations d’entreprise artisanale dans les activités de sous-traitance

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En 2013, le nombre d’immatriculations se maintient, alors que l’année a été marquée par un recul de l’emploi salarié (mais on sait que, dans les périodes de crise, de nombreux demandeurs d’emploi créent leur entre-prise). On constate également une évolution des formes d’entreprises: les créations d’entreprises “classiques” (entreprises individuelles hors auto-entrepreneurs ou sociétés) redeviennent prépondérantes, et cela à un niveau supérieur aux années d’avant-crise. Ce retrait de l’autoentrepreneuriat va également très au-delà des taux observés dans l’artisanat : en 2013, 84 % des créations d’entreprise se font sous forme classique dans les activités de sous-traitance industrielle, contre 52 % dans l’artisanat. Des poids sectoriels contrastés Le poids des différentes activités au sein de ce sous-ensemble est très disparate. Les activités du travail des métaux regroupent la très grande majorité des entreprises artisanales (93 %). La fonderie ne regroupe que 217 entreprises artisanales, l’industrie du caoutchouc et du plastique 1 097 et l’industrie électronique 272. Le nombre d’entreprises artisanales est prépondérant (au-delà de 80 %) dans les deux principaux secteurs (décolletage et mécanique industrielle, chaudronnerie). Il est moindre (autour de 50 %) dans les activités de boulonnerie, visserie, ressorts, dans la fonderie et dans l’industrie électronique. La bonne stabilité du nombre total d’entreprises au plan national cache des disparités sectorielles. Certains groupes d’activités sont en recul sur la décennie passée, notamment les activités de fabrication de moules et modèles (- 28 %), les activités de l’industrie électronique (- 18 %) ou du caoutchouc/plastique (- 10 %). L’activité de chaudronnerie est en revanche en forte croissance (+ 18 %).

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Pour plus d’informations, voir l’article sur la sous-traitance : Tableau de bord des entreprises artisanales de sous-traitance industrielle.

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