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LES CONSÉQUENCES SOCIO-ÉCONOMIQUES

Si l’impression 3D ne révolutionnera pas en profondeur toute l’industrie manufacturière, ce n’est qu’une des étapes technologiques de l’évolution de la numérisation des technologies de production, dans ce que certains appellent la troisième révolution industrielle : le laboratoire Bits and Atoms du MIT développe ainsi le concept de digital assembly, un processus de fabrication à partir d’unités de matériau, inspiré des Lego, et qui pourrait dépasser certaines limites de volume et de qualité de l’impression 3D. Au final, c’est plus l’impact que ces nouvelles technologies ont sur la société qui en fait des innovations importantes.

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Démocratisation de la production et objets connectés
Les nouveaux moyens de production qui se développent poursuivent la démocratisation de la production entamée par la révolution numérique. Chacun peut créer plus facilement de nouveaux produits grâce à ces techniques, qui diminuent les
besoins d’investissements et le coût des risques. La vraie révolution ne consiste pas tant à acheter plus et à bénéficier d’un plus grand choix qu’à fabriquer des choses que d’autres pourraient consommer.
Cette idée, déjà vraie pour les services numériques, s’applique progressivement au secteur de la production, grâce à l’apparition d’objets de plus en plus connectés et à l’intégration de la production dans le réseau par la numérisation des objets.
Cette réappropriation des moyens de production est déjà visible dans le mouvement des “Makers” aux USA, dans l’existence de sites de partage de fichiers numériques comme Thingiverse, de fab labs qui mettent à disposition de la société des outils de création digitaux et de services d’impression à la demande comme Shapeways.
Ces technologies provoquent une nouvelle déstabilisation des hiérarchies d’échelle ; “les avantages comparatifs des pays à bas salaires se trouveraient en effet réduits 32”.
Elles pourraient ainsi créer une dynamique de relocalisation des moyens de production proche des lieux de consommation, les échanges se reportant sur les fichiers numériques.

La main-d’œuvre ouvrière
De la propagation de l’impression 3D peut aussi résulter une augmentation du nombre et de la qualification de la main-d’œuvre ouvrière, les cols bleus, au détriment des cols blancs dont les fonctions peuvent être davantage automatisées.
La façon de consommer les objets courants les moins complexes sera modifiée par l’individualisation de la production : ils seront les premiers à être produits à domicile.
Ainsi, il n’y aura plus de justification à leur production industrielle de masse. Elle remettra aussi en question l’utilité de certains intermédiaires et espaces de stockage, dans la continuité de l’impact du numérique sur la grande distribution.
“L’enjeu est moins l’accès aux produits qu’aux matières pour les fabriquer, ce qui raccourcit les circuits”.

L’émergence d’une nouvelle classe d’entrepreneurs
De plus, si une partie de la production devient personnelle, cela entraîne sa démonétarisation, et cela remet en question certains aspects du système économique actuel, comme par exemple l’intérêt d’indicateurs comme le PIB. Les nouvelles techniques de fabrication feront concurrence aux marchés de production de masse, qui sont des systèmes lourds et coûteux. La fabrication 3D, qui permet une personnalisation et une adaptation plus facile des objets, peut répondre aux besoins du marché de masse pour des niches de produits. Ainsi, sur des produits fabriqués en quantités relativement faibles et personnalisés, une nouvelle classe d’entrepreneurs, centrés sur la qualité du produit et son unicité, pourra émerger.
L’objet n’est plus une “boîte noire” ; la simplification des moyens de production, via l’utilisation de logiciels de CAO compréhensibles, permet à l’individu non seulement d’apporter sa créativité au processus de production, mais aussi de mieux comprendre l’objet et de lui octroyer un sens nouveau en participant à sa production (phénomène qualifié d’“effet Ikea”). Cette évolution permet une alternative à l’obsolescence programmée, à la surconsommation et au gaspillage de certains produits. Les questions du recyclage et de la production des matériaux restent néanmoins en suspens.

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