Les marqueurs au service de la traçabilité

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L’emballage occupe une place de choix dans la chaîne de traçabilité du binôme produit/emballage. Cette traçabilité peut intervenir sur plusieurs niveaux : en premier temps sur l’origine de l’emballage, les ressources utilisées pour le réaliser, la nature du cycle de vie, etc…, en un second temps, sur l’information utilisateur/consommateur, la nature du produit contenu, la lutte contre la falsification ou la contrefaçon de produits, etc. Elle peut également concerner toute la chaîne logistique du binôme produit/emballage : localiser en temps et en heure les produits/emballages, gérer les flux, rapatrier les produits, piloter la logistique. Tout cela afin de localiser des produits notamment en cas de retrait ou rappel ou de retrouver l’origine et les caractéristiques d’un produit, notamment en cas de problème qualité.

La nécessité de la traçabilité 

Les causes

Selon l’OMS, en 2012, un médicament sur deux vendus sur internet était un faux : ce
business du faux médicament s’élève à plusieurs dizaines de milliards d’euros dans le monde. Une étude Ips os révélait également que la contrefaçon alimentaire représentait un pourcentage non-négligeable des produits contrefaits saisis.

Mais, au-delà de la contrefaçon, les actualités récentes montrent la nécessité d’une traçabilité des produits afin d’enregistrer la vie du produit et de ses composants tout au long de la chaine logistique. Cette traçabilité par l’emballage est l’un des leviers de la sécurité globale du produit emballé et de la protection des usagers.

Les défis

En plus des points évoqués plus haut, il s’agit donc pour l’emballage de pouvoir fournir de l’information de la façon suivante :

  • Informer le consommateur/utilisateur final sur l’origine, la provenance…,
  • Préserver l’intégrité du binôme produit/emballage contre toute effraction,
  • Connaitre l’incidence des matières premières sur les procédés/produits,
  • Assurer un meilleur contrôle sur les opérations de logistique et suivre en temps réel les opérations de transport et de livraison,
  • Gérer au mieux les rebuts et les pertes,
  • Assurer le contrôle de la traçabilité,
  • Authentifier dans lutte contre la contrefaçon,
  • Etablir les responsabilités.

Comme nous allons le voir, les marqueurs jouent un rôle prépondérant dans la traçabilité des produits.

Les marqueurs visibles

Ce type de marqueurs n’a pas besoin de révélateur et vise essentiellement à permettre l’authentification du produit par le consommateur et à dissuader le contrefacteur. Il peut être contrôlé de manière visuelle. Outre les dispositifs anti-infraction, les technologies suivantes peuvent s’appliquer aux papiers et cartons :

  • la sérialisation : identification de chaque produit par un numéro individuel,
  • l’hologramme : il s’agit du marqueur visible le plus répandu. En 2 ou 3 dimensions, il est essentiellement utilisé pour les produits de luxe, les produits pharmaceutiques, alcools, etc avec des étiquettes auto-adhésives qui peuvent intégrer des éléments de traçabilité,
  • les filigranes : les procédés sur l’empreinte intrinsèque de la matière qui permet de définir une signature unique qui la caractérise. Ils assurent la protection des marques, la traçabilité des produits industriels, l’authentification et la sécurité des données et images numériques, ainsi que des documents imprimés. Le filigrane est devenu synonyme de sécurité en raison de l’efficacité dont il a fait preuve depuis longtemps. Un filigrane consiste en un motif (portrait, emblème..) incorporé au papier dès sa fabrication, visible surtout par transparence. Ce motif est conçu dans la pâte à papier au moment de la fabrication des feuilles. Il consiste en variations de l’épaisseur et de la densité du papier, qui se traduisent par des différences d’opacité. Le filigrane est une solution de reconnaissance fortement recommandée par Interpol car il est extrêmement difficile à reproduire.

ip-system_french_20100510Les marqueurs codés ou invisibles

Ce type de marqueurs requiert une interprétation par un outil et, même s’ils sont apposés sur un objet, ils ne s’adressent pas à l’utilisateur final.

  • Les codes-barres à une dimension : ce sont les premiers codes à avoir été imprimés sur des emballages ou sur des étiquettes dès 1973. Le code-barres est composé d’une codification en chiffres et d’une symbolisation représentée par des barres.
  • Les codes-barres bidimensionnels : ce sont des codes-barres en deux dimensions (ou code à matrice) constitués de cellules noires disposées dans des carrés à fond blanc.
  • L’étiquette RFID : appliquée sur ou dans le produit lui-même ou sur l’emballage, cette technologie de marquage et de lecture n’a pas de contact avec les marchandises. La RFID (Radio Frequency Identification ou Identification par fréquence radio) consiste en une étiquette électronique renfermant des informations pouvant être utilisées pour le suivi des stocks, par exemple, ou encore la traçabilité de produits qui seront lues grâce à un lecteur spécifique.

Les marqueurs experts

86140467_thumbnailCette catégorie regroupe les marqueurs qui nécessitent l’utilisation d’outils pour les révéler et les vérifier. La principale technologie utilisée est le marquage chimique. Il consiste en l’introduction d’une molécule (ADN de synthèse, nanoparticules…) dans la composition chimique du matériau afin de l’identifier de façon précise. Ce procédé, généralement employé dans l’industrie automobile, les polymères, l’électronique, l’électroménager et l’emballage tels que certains emballages papier et carton permet :

  • une traçabilité intégrée dans le matériau,
  • une identification facile des matériaux,
  • l’éco-conception des produits dès leur fabrication en vue de leur gestion en fin de vie (tri, recyclage ou valorisation des matières premières secondaires),
  • une traçabilité des matériaux et produits tout au long de leur cycle de vie.

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