Fromages, fruits et légumes peuvent compter sur le bois. Une étude scientifique vient de démontrer les avantages de l’emballage naturel. Il a fallu 5 ans pour mener à bien une vaste étude scientifique, 19 000 tests en laboratoire, dont les conclusions ont été rendues en juin 2015.

Les performances du bois
Le consortium Emabois réunit dix partenaires : les trois organisations françaises formant le pôle emballage bois, le réseau européen des emballages, l’interprofession France Bois Forêt et cinq établissements de formation et de recherche.
L’étude confirme que non seulement le bois est apte au contact alimentaire, mais qu’en outre, il est plus performant que ses concurrents comme le plastique. En effet, 99 % des bactéries et moisissures inoculées sur le bois ne migrent pas vers l’aliment.

emballage bois Les enjeux de l’étude
Nous avons surtout communiqué auprès de la grande distribution qui favorise le plastique depuis un certain temps. Nous devons regagner des parts de marché pour l’emballage des fruits et légumes en grande surface. Aujourd’hui, celle-ci écoule 70 % des volumes, le reste étant vendu sur les marchés. Or dans les grandes surfaces, l’emballage bois des fruits et légumes ne représente plus que 15 %. C’est là que réside le principal enjeu. Nous devons convaincre les grands distributeurs de ne pas donner de consigne sur les emballages. Leclerc est l’un des derniers indépendants à ne pas s’opposer au bois et nous sommes heureusement très présents dans les magasins bio.
Les consommateurs ont-ils un rôle à jouer ? Ils sont attachés au bois mais la place qu’il occupe dans l’emballage léger n’est pas uniquement sentimentale : le matériau permet de répondre à des contraintes techniques. Une bourriche à huîtres, par exemple, est un produit très complexe ; les huîtres doivent être suffisamment pressées pour ne pas s’ouvrir pendant leur transport et une atmosphère humide leur est nécessaire. Le bois qui permet des conditions optimum de stockage est très apprécié par les ostréiculteurs. Nous devons maintenant faire valoir tous les atouts du bois auprès des acteurs du contrôle sanitaire, et en particulier des vétérinaires.emballage bois

Le retour du cheval à bascule ?
Les fabricants français de jeux et jouets en bois tentent de résister à l’invasion des produits d’importation. En Franche-Comté, Creativewood les aide à innover.
Dominique Retord, tourneur jurassien, nous en dit plus : “Creativewood est le syndicat des tourneurs-tabletiers avec une forte implantation en Franche-Comté où il s’agit d’une activité historique. Nous avons vocation à favoriser le maintien des entreprises sur le sol français. Nous avons mené un programme important d’aide à la créativité, au design et au développement de produit, ce travail a porté ses fruits. Nous menons aussi des actions plus spécifiques en aidant par exemple les entreprises à maîtriser les questions de conformité du produit. Ce sont des sujets complexes, en particulier dans le secteur du jouet. Le bilan est extrêmement positif, je ne peux qu’être fier de ce qui a été fait dans le sens où nous n’avons pas connu de fermetures notoires d’entreprises. Globalement, l’activité de tournerie est restée chez nous, à l’exception de deux entreprises qui ont délocalisé pour rester dans un prix de marché car elles travaillaient avec la grande distribution. Aujourd’hui, de gros donneurs d’ordre se posent la question de la relocalisation. Notre catalogue de jeux et jouets présente 98 % de produits fabriqués chez nous, mais nous subissons une très forte concurrence sur le jeu d’échecs. La solution passe par la création de nouveaux produits. En 2014, avec le partenariat de l’interprofession de l’Ain FIB01, nous avons réuni dix entreprises pour revisiter des produits emblématiques comme le cheval à bascule ou le porteur en bois. Sur le cheval à bascule, nous sommes presque à 100 % d’importation. Nous avons réalisé une gamme originale, certes deux fois plus chère qu’un produit d’importation, mais nous sortons du produit jetable pour revenir à des objets qui pourront se transmettre de génération en génération”.

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