Environ 15 % de l’emballage mondial est constitué de métal avec, en particulier, une production de canettes en constante augmentation. Avec une longueur d’avance de l’aluminium sur l’acier.
Après le conditionnement de denrées comestibles en boîtes ferblantées, répandues en France dès les années 1800 par Nicolas Appert ou encore les cannettes de boissons apparues aux USA dès 1935, l’emballage métallique continue de connaître le succès.

emballage metalliqueUne production de canettes au beau fixe
La production et vente de canettes tirent particulièrement la filière vers le haut. Créé en 1935 aux États-Unis, par l’American Can Company, la canette à tête plate a, depuis, connu une succession d’innovations. Dans les années 1960, elle s’est dotée d’une languette en métal permettant une ouverture plus facile. Plus tard, est apparue l’ouverture “tout d’un bloc”, puis les formats se sont diversifiés (50cl, 25cl, 15cl…). Le relief a fait son apparition sur les boites-boissons, grâce à l’embossage et au débosselage ; puis l’impression brillante et l’encre thermochromique, permettant à la canette de changer de couleur lorsqu’elle est à température de consommation idéale…
Avec une progression de 3 % sur le marché européen de la canette en 2013 avec un peu moins de 61 milliards de canettes utilisées, plus de cinq milliards de canettes ont été remplies en 2014. La production a quant à elle connu une hausse de 10 % entre 2013 et 2014. Une croissance qui s’avère d’ailleurs être bien supérieure à la moyenne européenne.
Les raisons de cet engouement. Plusieurs facteurs expliquent ce dynamisme. La hausse de la production est tout d’abord une réponse à une forte demande. En France, la consommation a en effet été multipliée par 4,5 en l’espace de vingt ans.
D’autre part, le dynamisme des brasseurs a également joué son rôle. La hausse de la consommation de bière a un impact direct sur le marché des canettes et donc sur celui de l’emballage métallique. Or, rien qu’entre 2013 et 2014, le remplissage de canettes de bière s’est accru de 20,1 %. En 2015, 33 % des boites-boissons remplies étaient des canettes. A titre de comparaison, en 2009, elles n’en représentaient que 19 % …
Enfin, les industriels ont réalisé environ 200 millions d’euros d’investissement, ces dernières années, afin d’accroître leur capacité de production et de renforcer leur R&D. Dernier investissement en date : celui de l’Américain Crown Bev Can, qui a injecté 40 millions d’euros dans son usine de Meurthe-et-Moselle. Son projet est arrivé à son terme en mai 2015. Le but : remplacer ses lignes de production acier par de l’aluminium.
Quand l’aluminium prend le pas sur l’acier Crown Bev Can n’est pas le premier à prendre cette décision. En Espagne, le Britannique Rexam, l’un des plus gros fabricants de canettes au monde, a également converti ses lignes dans deux de ses usines. C’est aujourd’hui une véritable bataille que se livrent l’acier et l’aluminium. Actuellement, ce dernier semble bien parti pour décrocher la victoire. En 2000, la part de deux matériaux sur le marché était à peu près équivalente ; désormais, l’aluminium constitue 70 % à 80 % du marché.
“D’un point de vue technique et technologique, les deux matériaux sont à peu près à termes égales”, estime Annette Freidinger, consultante du Salon de l’Emballage. Cependant, l’aluminium a l’avantage d’être moitié moins lourd que son compétiteur, et permet de faire des économies de matière première. Par ailleurs, l’aluminium, côté en bourse, permet d’avoir une visibilité concernant le prix, bien que les variations soient plus importantes.

emballage metallique

La fin du BPA
De façon générale, les avantages de l’emballage métallique sont en effet nombreux. Son étanchéité aux gaz, à la lumière, aux micro-organismes, permettent une conservation prolongée des aliments. Sa robustesse le rend pratique pour le transport et le stockage. Il est par ailleurs recyclable, et de plus en plus recyclé.
Cependant, en acier comme en aluminium, les emballages métalliques sont aujourd’hui complétés par un revêtement organique. Ce vernis est fondamental dans l’emballage, notamment car il empêche la corrosion du métal, sur le long terme. Le marché des emballages métalliques a donc été largement chamboulé par l’interdiction, en vigueur depuis janvier 2015, d’utiliser des résines comprenant du bisphénol A en France.
Cette évolution législative constitue un défi considérable pour les industriels car, à l’heure actuelle, il n’existe aucun substitut universel à la résine contenant du BPA. La question de la qualité des vernis de substitution, à long terme, se pose, ainsi que celle de la durée de vie de certains produits qui pourrait être revue à la baisse. Ce sont surtout les produits particulièrement acides ou agressifs qui posent problème…

emballage metalliqueDes alternatives
Quatre types de résines sont actuellement utilisés en substitution : le vernis acrylique, le vernis organosol, le vernis polyester, le vinyle. Mais d’autres solutions sont en cours de développement. L’Inra et l’Enscm de Montpellier réalisent notamment des recherches sur des résines à base de polyphénols issus de tannins bio-sourcés.
Aux États-Unis, l’entreprise Eden Foods a commercialisé des conserves avec un revêtement à base d’oléorésine. Toutefois, ce dernier ne semble pas en mesure de résister à l’acidité de certains aliments, notamment la tomate. Paradoxalement, c’est justement à ce fruit que s’intéressent l’Institut des Sciences des Matériaux de Séville et l’Université de Malaga ; leur objectif est de développer un nouveau matériau dérivé de la peau de tomate.
Toutefois, Olivier Draulette, délégué général du syndicat des emballages métalliques (SNFBM) nous rassure : “Dans tous les cas, notre industrie s’interdit de mettre un produit sur le marché tant que toutes les étapes de sécurité n’ont pas été franchies avec succès. Ce qui nécessite un délai qui n’est pas toujours compatible avec la loi française”…

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